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La Face B à Grenoble, 300 places, studios et bar-restaurant : ce que devient La Bobine

Élise Vernay-Ribeyrol 9 min de lecture
Grenoble La Bobine, La Face B : façade et bar-restaurant sur le parvis du parc Paul-Mistral

À Grenoble, La Bobine a longtemps servi de repère culturel au parc Paul-Mistral. Après sa fermeture, sa reprise puis son changement de nom, le lieu revient avec une identité nouvelle : il devient La Face B, sous l’impulsion de La Belle Électrique, avec l’ambition de garder une programmation musicale proche du public.

De La Bobine à La Face B : ce qui change vraiment

L’ancienne Bobine était connue comme un lieu culturel à part, à la fois salle de concerts, bar, point de rendez-vous et espace de vie. Sa force tenait à sa jauge accessible, à sa proximité avec le public et à une programmation souvent tournée vers la scène locale, les musiques actuelles et des formats moins standardisés que ceux des grandes salles.

grenoble la bobine : vue extérieure du lieu culturel au parc Paul-Mistral
grenoble la bobine : vue extérieure du lieu culturel au parc Paul-Mistral

Le nouveau nom, La Face B, marque un changement assumé. Il renvoie à l’autre face d’un disque, donc à une proposition différente, plus discrète et parfois plus audacieuse. L’ex-Bobine ne revient pas à l’identique, mais elle garde une idée simple : faire entendre autre chose dans un lieu à taille humaine, sans couper le lien avec son histoire.

Un lieu toujours ancré au parc Paul-Mistral

Le site reste associé au parc Paul-Mistral, un emplacement fort dans l’imaginaire grenoblois. Cette localisation compte, car elle place le lieu entre pratique culturelle, vie de quartier, circulation quotidienne et mémoire collective. Pour les habitués, la question n’est donc pas seulement de savoir si une salle rouvre, mais si un morceau de la vie culturelle grenobloise reprend sa place.

Une identité nouvelle, pas une simple réouverture

La transformation en La Face B ne se limite pas à changer une enseigne. Le projet porté par La Belle Électrique vise à réorganiser les usages du bâtiment, à moderniser les locaux et à redonner une direction claire au site. L’objectif est de retrouver un équilibre entre convivialité, création, répétition, diffusion musicale et accueil du public.

Pourquoi La Bobine a fermé et pourquoi sa reprise était attendue

La fermeture de La Bobine en juin 2025 a laissé un vide dans l’écosystème culturel local. Le lieu avait accumulé des difficultés, notamment financières, avant de cesser son activité. Cette disparition a marqué les esprits, car la salle occupait une place singulière : ni simple bar, ni grande scène institutionnelle, mais un espace intermédiaire où l’on pouvait croiser artistes émergents, publics curieux, collectifs et habitants.

Parc Paul-Mistral, Grenoble

Après la fermeture, le site a connu une période plus chaotique, avec une occupation illégale suivie d’une évacuation. Cette séquence a renforcé l’impression d’un lieu en suspens, à la fois vacant, fragile et chargé d’histoire récente. La reprise par un acteur culturel identifié permet de sortir de cette période d’incertitude et de rouvrir une perspective lisible.

Une attente affective autant que culturelle

La Bobine avait une valeur pratique, mais aussi émotionnelle. On pouvait y aller pour un concert, pour boire un verre, pour suivre un événement associatif ou simplement parce que le lieu faisait partie d’un circuit familier. Quand un endroit de ce type ferme, ce n’est pas seulement une programmation qui disparaît, ce sont aussi des habitudes, des souvenirs et des rencontres possibles.

Un lieu culturel agit aussi autour de lui. Des musiciens répètent, des techniciens travaillent, des spectateurs découvrent un groupe, des riverains s’approprient une ambiance, des cafés et restaurants voisins profitent des soirées. Une salle de 300 places peut sembler modeste, mais elle fait vivre un réseau de pratiques et d’échanges qui dépasse largement ses murs. C’est aussi pour cela que l’ex-Bobine a compté à Grenoble.

Qui reprend l’ex-Bobine et dans quel cadre ?

La reprise est portée par La Belle Électrique, acteur bien identifié des musiques actuelles à Grenoble. Le cadre annoncé repose sur une convention d’occupation temporaire d’une durée de cinq ans. Ce point est important, car il donne au projet un temps suffisant pour reconstruire une dynamique, tout en restant lié à un cadre public et évolutif.

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La Ville de Grenoble a lancé un appel à projets, et La Belle Électrique a été retenue pour redonner vie au site. Le changement de nom a été annoncé en mars 2026, après plusieurs étapes administratives et préparatoires, dont la signature de la convention et un travail de réflexion autour de la future identité du lieu.

La Belle Électrique, un repreneur complémentaire

La Belle Électrique dispose déjà d’une forte visibilité sur la scène musicale grenobloise. L’intérêt de la reprise n’est pas de créer un doublon, mais d’imaginer un lieu complémentaire. Là où une grande salle peut accueillir des concerts plus structurés ou des projets d’envergure, La Face B peut jouer un autre rôle : format plus intime, proximité avec les artistes, place accrue à l’expérimentation et à l’accompagnement.

Cette logique de complémentarité est cohérente avec le lieu lui-même. La Face B ne cherche pas à copier La Belle Électrique, ni à reprendre mécaniquement l’ancien fonctionnement de La Bobine. Elle s’inscrit dans la même ville, mais avec une échelle différente et une fonction plus souple, tournée vers la découverte et les formes de musique qui ont besoin d’un cadre simple pour exister.

Un modèle plus structuré que l’ancien fonctionnement

L’ancienne Bobine reposait sur une histoire associative et une culture de terrain. Le nouveau projet s’appuie sur une organisation portée par une Scic, c’est-à-dire une société coopérative d’intérêt collectif. Sans entrer dans un détail juridique inutile, cela signifie que le projet peut associer plusieurs parties prenantes autour d’un objectif commun : faire vivre un équipement culturel, soutenir la création et maintenir une utilité locale.

Ce cadre donne aussi plus de lisibilité au fonctionnement du site. Il permet de clarifier la place de chaque usage, de mieux structurer les activités et d’installer une gouvernance adaptée à un lieu qui doit conjuguer programmation artistique, accueil du public et services du quotidien.

Concerts, studios, bar-restaurant : le projet annoncé pour La Face B

Le futur site conserve l’idée d’un lieu multiple. La salle de concerts de 300 places doit rester au cœur du projet, mais elle ne sera pas le seul usage. La Face B doit aussi accueillir des studios de répétition, un bar-restaurant, des actions culturelles et un travail d’accompagnement artistique. Cette combinaison est essentielle, car elle permet au lieu de vivre avant, pendant et après les concerts.

Usage prévu Ce que cela apporte au public ou aux artistes
Salle de concerts de 300 places Des formats intimistes, propices à la découverte musicale et à la proximité avec la scène.
Studios de répétition Un outil concret pour les groupes, avec location possible à l’heure ou à la journée.
Bar-restaurant Un espace de convivialité, utile pour faire vivre le lieu au-delà des seules soirées de spectacle.
Accompagnement artistique Un soutien aux artistes et projets émergents, en lien avec l’écosystème musical local.

Moins de simple débit de boissons, plus de projet musical

L’un des enjeux affichés est de rééquilibrer le lieu. La convivialité reste importante, mais elle ne doit pas prendre toute la place. Autrement dit, La Face B ne veut pas seulement être un bar avec des concerts : le projet met davantage l’accent sur la musique, la création, les répétitions et une programmation plus pointue ou engagée.

Ce choix peut aussi répondre à une attente concrète du public. Beaucoup de lieux culturels vivent dans une tension entre activité de soirée et exigence artistique. Ici, l’idée est de faire cohabiter les deux sans perdre le sens du projet. Le bar-restaurant participe à l’accueil, mais il ne doit pas diluer la fonction culturelle du site.

Un outil pour les musiciens grenoblois

Les studios de répétition sont un élément très concret du projet. Pour les groupes et artistes locaux, la possibilité de louer un espace à l’heure ou à la journée répond à un besoin fréquent : disposer d’un lieu équipé, accessible et intégré à un environnement culturel. C’est aussi une manière de faire circuler les artistes entre répétition, accompagnement et diffusion sur scène.

Cette dimension pratique compte autant que la programmation. Un lieu qui permet de répéter, d’échanger avec une équipe et de tester un projet avant sa diffusion répond à une réalité simple du terrain. Pour les musiciens, cela peut changer la manière de travailler. Pour le public, cela renforce la diversité des propositions visibles sur scène.

Calendrier, investissement et points à surveiller avant la réouverture

La réouverture espérée est annoncée pour septembre 2026. Avant cela, plusieurs étapes sont nécessaires : modernisation des locaux, équipement technique, organisation des studios, définition de la programmation et installation du fonctionnement quotidien. Un investissement de 300 000 euros est annoncé pour remettre le site en condition et l’adapter au nouveau projet.

Le calendrier récent permet de comprendre la progression : fermeture en juin 2025, période d’incertitude puis évacuation après occupation illégale, convention d’occupation, annonce du nouveau nom en mars 2026, puis cap sur une réouverture envisagée quelques mois plus tard. Cette chronologie explique pourquoi le retour du lieu ne peut pas être immédiat : il ne s’agit pas seulement de rallumer les lumières, mais de reconstruire un équipement culturel opérationnel.

Ce que le public peut attendre concrètement

Les Grenoblois peuvent s’attendre à retrouver un lieu de concerts à taille humaine, mais aussi un espace plus structuré pour la pratique musicale. Les tarifs sont annoncés comme modestes ou abordables, avec une volonté d’accès au plus grand nombre. Les détails pratiques, comme les horaires, la billetterie, les contacts et la programmation précise, devront être suivis au moment de l’ouverture effective.

Le public retrouvera donc un lieu familier dans l’esprit, mais renouvelé dans son fonctionnement. La promesse repose sur une continuité simple : conserver l’accueil, la découverte et la proximité, tout en donnant davantage de place aux usages qui soutiennent la scène locale. C’est ce mélange qui fera la différence à l’ouverture.

Les enjeux de la réussite

Le principal défi sera de préserver l’esprit de La Bobine tout en assumant le changement. Il faudra convaincre les anciens habitués, attirer de nouveaux publics, travailler avec les habitants, dialoguer avec les producteurs locaux et trouver une identité claire entre lieu de vie et scène de découverte. Si cet équilibre tient, La Face B pourra devenir plus qu’un remplacement : un nouveau chapitre crédible pour un site auquel Grenoble reste attachée.

La réussite du projet dépendra aussi de sa capacité à tenir ses promesses dans la durée. Un lieu culturel ne se juge pas seulement à son nom ou à son annonce. Il se juge à sa régularité, à la lisibilité de sa programmation et à la manière dont il s’insère dans la ville. Sur ce point, la reprise de l’ex-Bobine sera observée de près.

Élise Vernay-Ribeyrol

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